Suite aux multiples révélations du CJL sur les Mairie du XX, de l’ Hôtel de Ville de Paris et la Mairie de Colombes, le harcèlement judiciaire du CJL se poursuit avec la mise en examen de son président.

Le 21 Octobre 2018 le Comité Justice & Libertés Pour Tous publiait son article “Du harcèlement au travail: Sabine Vorin, agents de ménage antillaise décédée dans le 20ème” qui révélait les conditions de travail à la Mairie du 20ème arrondissement de Paris dirigée par Frédérique Calandra (PS).
 
Racisme, sexisme, intimidations, harcèlement moral, harcèlement sexuel, le papier, publié après quatre mois d’enquête avait mis en lumière les conditions de travail des agents de la mairie issus de l’immigration et des DOM TOM, harcelés par Didier Conques, Directeur Général des Services et proche de Frédérique Calandra. Cette enquête, reprise par Le Parisien et le site d’information en ligne StreetPress avait aussi été citée lors du Conseil de Paris par Danielle Simonnet le 15 Novembre 2018 en interpelant Mme Anne Hidalgo sur les conditions de travail des agents et sur le fait que cela lui avait déjà été signalé.

Mort de Sabine Vorin et révélations du CJL: Prise de parole de Danielle Simonnet lors du conseil de Paris du 15/11/2018

Suite à ces révélations qui ont mis fin à l’omerta, une enquête administrative fut diligentée et Didier Conques fut démis de ses fonctions de DGS pour être parachuté ailleurs, c’est à dire à la DEVE, Direction des Espaces Verts et de l’Environnement. Néanmoins, une plainte pour “atteinte à l’honneur” de Didier Conques fut déposée contre Yasser Louati, président du CJL et directeur de la publication. 

Mail interne à la Mairie du XXI confirmant l’exclusion de Didier Conques suite aux révélations du CJL

Convoqué pour un premier interrogatoire en vue d’une mise en examen le 25 Octobre 2019, cette dernière fut confirmée le 6 Janvier avec un renvoi possible en correctionnelle.

Cette mise en examen risque de ne pas être la seule. Yasser Louati est aussi poursuivi suite à la parution de l’enquête du CJL sur l’affaire Bennedine Bouhous, agent de l’Hôtel de Ville de Paris ayant subi les discriminations raciales de son supérieur hiérarchique Christophe Moreau, lui même militant d’extrême droite connu et ne cachant pas ses idées sur son lieu de travail. 

Une troisième plainte a été déposée contre le président du CJL pour le papier d’enquête sur les dysfonctionnements au sein de la Police Municipale de Colombes, le harcèlement sexiste en son sein, les violences policières exercées contre les jeunes des quartiers populaires et sa militarisation grâce à un budget démesuré pour la taille de la ville. 


Les trois plaintes accumulées jusqu’à présent ne sont dues qu’à la publication d’enquêtes ayant mis en lumière les dysfonctionnements au sein des administrations et en suivant la plus grande rigueur journalistique. Le CJL étant une organisation de défense des droits humains et des libertés publiques, la recherche et l’investigation sont centrales et ces plaintes cachent très mal la volonté de nuire au droit d’informer et la volonté de répression qui s’exerce contre les acteurs critiques de la société civile.

Bien que confiants en la solidité de nos enquêtes et la compilation de toutes les preuves et témoignages ayant servi à nos enquêtes, nous nous inquiétons néanmoins de l’état de répression qui règne aussi bien en France qu’à travers les pays membres de l’Union Européenne ou de l’OSCE. Il nous revient à nous, acteurs de la société civile et éléments cruciaux de la vie démocratiques de jouer pleinement notre rôle en faisant preuve de réactivité et de solidarité lorsque des élus abusent de leur pouvoir pour ne pas rendre de comptes à celles et ceux qui les ont élu.e.s.

Enquête du CJL sur les discriminations au sein de l’Hôtel de Ville de Paris